dimanche 28 octobre 2007

Ti-Guy...

Y’a de ces souvenirs qui me rendent heureuse d’avoir été une enfant !!!

Quand je m’arrête pour y réfléchir, c’est vrai qu’il a des souvenirs d’enfance qui ne sont pas forcément agréables à revivre. J’estime cependant que l’esprit humain est doté de la capacité et surtout de la volonté de faire surgir les souvenirs heureux d’une vie. C’est certain que, pour que ça se produise, il faut y mettre du positif. C'est-à-dire, faire l’exercice de mettre de côté les souvenirs pénibles et tenter de faire entrer dans son esprit ceux qui font naître un sourire !!

Parmi mes bon souvenirs, il y'a « Mononcle Guy » !!! … on l’appelle depuis toujours… « Ti Guy » !!!

C’est un homme plus que sensé! Il est particulièrement futé! Et chaque fois que j’ai l’occasion de le revoir, c’est exactement comme si on s’était vus la semaine précédente… Soit dit en passant… c’est la même sensation que je vis avec sa fille … ma cousine… Euh… bien, ma sœur mettons (clin d’œil à Coz… tu me comprends !!!)

Bref « Ti-Guy » c’est un gars « WISE » !!! Je dirais même plus... C'est un philosophe !

Je me souviens quand j’étais petite et que j’allais passer le « march break » chez lui à la ferme… Oui, oui, il avait une ferme… et une vraie !!! On avait du fun !!! Je ne sais pas si il se souvient des trips de kayak sur glace qu’on faisait … près de l’étable… on allait littéralement se « petter la fiolle » sur le mur… mais mozusse que c’était l’fun !!!

Une fois, avec Kiko (C’tu comme ça qu’on l’écrit Coz ?)… on était en train de transporter les crottes des vaches et il fallait doucement faire avancer une brouette sur une planche d’environ 20cm de large… ensuite, rendu dehors, fallait faire basculer la brouette pour que les crottes tombent sur le tas. Une fois, moi, la brave, j’ai voulu épater la gallerie… c’était l’hiver et la planche était juste un ti-peu glissante… Oui, oui, vous m’voyez venir … Bien c’est exactement ce qui m’est arrivé… je suis tombée dans les crottes. Alors je peux dire qu’une fois dans ma vie j’ai été « dans la merde … presque jusqu’au cou ».

OOPS, je viens de réaliser une chose moi là… cette fois là, Ti-Guy… bien y’était pas là… Hey, il nous aurait jamais laissé faire les « TWIT » comme ça… En tout cas, en espérant qu’il va pas nous en vouloir à moi pis à Kiko… Mais mozusse qu’on avait ri cette fois là !!!

L’été, c’était dans les années… 1970… on faisait des feux de joie et on passait la nuit à regarder les flammes. Bien entendu, on mangeait des « mache-mello » en quantité industrielle !!! Je me rappelle qu’à cette époque là, on n’arrêtait pas de chanter la chanson… « I’m a frog, you’re a frog… kiss me… » C’était l’époque de René Lévesque… les choses bougeaient beaucoup au Québec… et nous, les enfants, on chantait … « I’m a frog… you’re a frog… !!! » ou bien… « Gens du pays… c’est votre tour… »

Quand j’y repense, j’ai littéralement la sensation d’y être et de revoir et ressentir exactement les mêmes impressions !!! C’est ça, des beaux souvenirs d’enfance !!!

Un jour, quand il a construit une « allonge » sur sa maison… hey ça c’était l’fun. C’était l’fun parce que du coup, c’était la pièce où, nous les enfants, nous étions installés pour manger le soir. Et là, on avait du fun !!! C’était la table des enfants. La table était dressée comme celle des grands… avec les oignons vert qu’on trempait dans le sel !!! Et les « piece o wood »… de Kiko… Vous savez les bâtons bristoll… on en a inventé des histoires avec ces bâtons de pain sec sur lesquels on s’amusait à mettre le plus de beurre possible !!! Essayez de beurrer ça vous autres, un « piece o wood » !!! En tout cas, pour les gamins que nous étions, c’était vraiment génial… !

Non vraiment, quand je pense à « Ti-Guy » je n’ai rien d’autre que de beaux souvenirs d’enfance !!! C’est le genre de personne pour qui on garde un souvenir précieux et à jamais gravé dans son cœur d’enfant.

Je pense, sans trop me tromper, que « Ti-Guy »… bien, il a su garder le sien, son cœur d’enfant !!!

Je profite, ici, de l’occasion pour lui transmettre toute mon appréciation et lui rendre hommage pour tous ces beaux souvenirs mais aussi et surtout pour l’hommage qu’il a rendu à mon défunt papa en mai 2007.

« Ti-Guy » j’ai juste une chose à te dire… MERCI d’avoir semé tous ces beaux souvenirs dans mon cœur d’enfant. Dans les moments difficiles, je m’y réfugie et ça me fait tellement de bien.

A mon avis, il y a deux choses qu’on ne dit pas assez souvent dans une vie… « Merci » et « Je t’aime »… Et bien, que ce soit dit et dûment transmit !!!

Merci Ti-Guy
Je t’aime

Mimi

dimanche 14 octobre 2007

Le charme inouï de vivre sur une île

Il fait vraiment bon vivre sur une île Ah oui, vraiment???

Qui n’a pas déjà rêvé, une fois dans sa vie, de vivre sur une île tropicale ??? Avec les palmiers, les plages, le sable… tout le kit ??? L’été à l’année longue ??? En tout cas, moi, j’en avais souvent rêvé !!! En soi, le concept est génial si on pense à un séjour de deux, voire trois semaines!

Après, ça devient toute autre chose quand on y est installé en permanence!!! Voici, si vous me le permettez… un petite tranche de vie sur le sujet !!!

Je travaille dans L’UNIQUE commerce de pièce d’autos de la ville ou je croise tout l’monde qui habite dans la ville. C’est comme un mini Canadian Tire…!! Bon, c’est vrai que le commerce d’à côté vend aussi certaines pièces automobiles… mais ce n’est pas sa spécialité… on va dire !!! Ce qui fait qu’à tout coup, un client qui cherche quelque chose, va voir aux deux endroits tout en « magasinant les prix » bien entendu !!!

Parfois, il m’arrive de prendre le téléphone et, pour rendre service au client et pour lui éviter des pas, je téléphone les gars d’à côté pour savoir s’ils ont la pièce ou la marchandise recherchée et … à quel prix !!! Bien quoi, tant qu’à faire du service à la clientèle… aussi bien le faire jusqu’au bout !!!

Alors donc… un peu comme le bon vieux « magasin général » d’antan, je croise pas mal tout l’monde de la place.

Ce qui fait que quand je vais faire mes courses, à la boulangerie, chez le boucher ou à la pharmacie, je croise toujours le même monde. C’est bien dans un sens parce qu’on se reconnaît… on se dit bonjour, on bavarde en passant… on prend des nouvelles de la petite famille…

Bref, tout ça finit par prendre du temps. Ca fait que quand je pars faire mes courses… qui normalement devraient prendre un maximum d’une heure… et bien, je ne m’en sors jamais en bas de trois heures !!! Mais y’a rien à dire, c’est l’fun de socialiser !!!

Par contre, que faire quand t’as pas l’goût de voir personne ?? Je sais pas moi… tu file juste pas… mais qu’il faut quand même que tu ailles faire un minimum de courses… Ce serait l’fun dans ce temps là, de pouvoir aller dans le quartier d’à côté ou mieux encore, aller en « banlieu »… histoire d’être incognito l’espace d’une heure ou deux… !!!

Ici c’est un île. … donc à moins d’avoir le temps (c'est-à-dire deux jours) et les moyens de prendre l’avion et aller faire ses courses sur la « terre ferme »…

L’île fait environ 5 km sur 10 km. Je ne sais si ça vous arrive des fois de partir en voiture ou même en vélo pour faire ce qu’on appelle un « No where »??? Ici, un « No where » … ça t’amène pas loin… c’est vraiment le moins qu’on puisse dire !!!

Pour vous dire à quel point, on finit par se « tenir » avec le même petit cercle de personnes. J’ai une amie de femme avec qui je m’entends bien. J’aime bien m’asseoir avec elle pour bavarder. Mais là encore, faut faire gaffe à ce qu’on raconte… Il s’adonne que le mari de cette femme est un bon ami de mon mari…. Imaginons qu'un jour, je puisse lui confier un sujet quelconque... ensuite, que le sujet de notre conversation fasse l'objet d'une conversation entre elle et son mari... quoi de plus normal me direz vous ???

Le mari en question... est AUSSI un ami de mon patron... qui lui est le mari d'une autre de mes bonnes amies !!! Voyez ce que je veux dire !!!

Et bien c’est là, que les machines à rumeur finissent inévitablement par se mettent en marche… big time !!! Qui n’a pas déjà joué au téléphone arabe dans son jeune âge??? Vous savez le jeu qui consiste à dire quelque chose à l’oreille de son voisin d’à côté, qui lui le fait passer et ainsi de suite… enfin bref, vous voyez ce que je veux dire???

Là, vous me direz… il te reste ta coiffeuse chez qui tu peux aller pour te vider le cœur. Y’a tu quelque chose de plus thérapeutique que de raconter sa vie à sa coiffeuse. Me semble qu’une coiffeuse, ça comprend tout… ça nous donne raison sur tout… bref, mozusse que ça fait du bien… parce que non seulement, on se sent plus belle en sortant du salon mais on se sent comprise… !!! Ouf !!!

Et bien, vous savez la dame dont je vous parlais juste avant??? … Ca s’adonne que c’est la MERE de la coiffeuse !!!

Non vraiment, y’a pas à dire, c’est charmant d’habiter une île !!!

PS : Malgré ce que j’en dis… qui est, néanmoins, la pure vérité… j’aime beaucoup vivre sur mon île !!! Je m’y sens en sécurité !!! Elle me manquera le jour où je la quitterai !!!

lundi 8 octobre 2007

Revenir ou ne pas revenir... là est la question !

Voilà près de trois ans que je suis ici en Afrique avec l’être que j’aime le plus au monde! Bien des choses se sont déroulées depuis que nous sommes ici ensemble. Nous avons réalisé de grandes choses ensemble. Nous avons relevés de grands défis. Notamment celui de construire une maison… tout un exploit s’il en est un !!! Ensuite, nous avons adopté un enfant puis, la fille de mon mari s’est jointe à nous définitivement. Nous formons donc une famille de quatre.

Après près de trois ans… nous sommes (je suis…) à une « croisée des chemins » (partant du principe qu’une vie est faite d’une multitude de « croisées de chemins »). Je vous rassure, cette croisée de chemins ne concerne pas notre vie de couple. Au contraire, s’il y a une chose dont nous somme certains… à travers le dédale de ce qui nous tourmente… c’est bien que notre vie ensemble, c’est du solide. Et ça se prouve chaque fois qu’on « frappe un nœud ». Pis Dieu seul sait si on en frappe… pis des méchants !!!


En fait, ce qui fait que nous nous trouvons à la croisée des chemins c’est la grande question de revenir au pays ou de rester ici en Afrique. Et là, c’est une grande question !!! Pourquoi c’est une si grande question me demanderez vous? Tout simplement parce que nous sommes deux. Un homme et une femme. Qui plus est, il se trouve que nous sommes une couple dit « mixte ». Je suis blanche et mon mari est noir. Et qui dit couple mixte, dit forcément des valeurs et des goûts différents. De prime abord, rien de bien particulier là dedans! Mais lorsqu’on s’attarde à une situation où l’un des deux membres du couple se retrouver détaché de sont pays natal, on entre dans le cœur de la problématique.

Nous sommes pour ainsi dire « condamnés » à ce qu’il y ait toujours un de nous deux qui vive loin de son « chez soi ». Le but et le défi à relever est de faire en sorte de minimiser les impacts négatifs, j’oserais même dire les effets secondaires de cet état de choses. Dans le meilleur des mondes, il n’existerait pas de frontières ni de système d’immigration et on pourrait tous les deux aller s’installer dans un tiers pays et comme ça, on serait « quitte »! Mais ce n’est pas le cas… en tout cas pas pour l’instant !!!

La problématique est d’autant plus complexe qu’il faut absolument décortiquer la situation en autant de personnes qui composent la situation. Je m’explique :

Je suis Québécoise. Bon, jusque là, rien de bien bien compliqué. Mon mari est Africain. Là non plus, rien de bien complexe à comprendre.

Je suis une fille… comment dire… on va dire qui aime le changement et les nouvelles choses de la vie. Mon mari… ouf… comment dire… il est travailleur, ambitieux et se fixe des objectifs et des défis à la hauteur de ses rêves et des aspirations.

Je suis comblée en ce sens que comme j’aime les nouvelles choses, j’ai été bien servie depuis que j’ai fait sa connaissance… nous avons déménagé en Afrique… méchant changement ça !!! Sans compter que c’t’ait nouveau pas à peu près. Non, là, j’vous jure que j’ai été particulièrement satisfaite !

Mon mari, pour lui, la chose la plus importante, c’est que je sois heureuse. Pour lui, que ce soit ici en Afrique ou au Québec, ça lui va. Il doit-tu avoir hâte que je me branche !!! A tout bout de champ, je lui dit : « Là, chéri ch’u pu capable… j’veux rentrer »! Pis là, il dit : « Ok, chérie, on rentre… préparons-nous et rentrons »!

C’est bien « cute » tout ça… mais ça se fait pas comme ça !!! Il faut, entre autre, faire des démarches auprès du ministère de l’immigration afin qu’il puisse m’accompagner. C’est pas un très gros problème puisque le gouvernement accepte assez bien tous les dossiers qui concernent les « rapprochements familiaux ».

Ce qu’il y a aussi c’est que nous avons récemment mis sur pied un projet qui lui permet d’exercer son métier à son propre compte… le rêve de tout les gars !!! Se « partir en affaires »!!! Et je dois avouer que ses affaires marchent plutôt bien… c’est « steady » comme on dit !!!

Pis me v’là qui branle dans l’manche encore !!!

Vous dire ce qui ne va pas ici ??? Par quel bout commencer !!! Je dirais d’abord que je suis littéralement déchirée entre le fait de rentrer au pays et rester ici.

Tellement de choses me manquent! Mais en même temps, la vie est tellement plus simple ici, en Afrique. Par contre, nous sommes dans un des rares pays dans lequel le climat politique est stable (pour l’instant) mais où tout peut basculer du jour au lendemain. Je crois qu’en bout d’analyse, c’est ce point précis qui fait pencher la balance en faveur de rentrer. On n’a pas idée de comment une situation peut soudainement changer. Il suffit de pas grand-chose pour mettre le feu aux poudres. Je n’ose pas imaginer ce que je ferais si je devais m’enfuir pour éviter un danger quelconque et devoir laisser mon mari et les enfants derrière… simplement parce qu’ils ne sont pas de la même nationalité que moi.

Sincèrement, ce n’est pas une décision facile à prendre et encore moins, à mener à terme. Il y a tellement de formalités à remplir. Tellement de papiers à remplir… sans compter les coûts engendrés par une démarche d’immigration. Mais je pense qu’il faudra en arriver là afin d’assurer notre avenir et celui de nos enfants.

J’aurai finalement mis trois jours à rédiger ce texte et ce fut un trois jours riches en réflexions profondes. Le rédiger m’aura permis de revisiter certains points de vue. Je pense pouvoir dire que nous allons rentrer. Il faudra du temps afin de tout mettre en place mais … nous rentrons !!!

Je vous tiendrai au courant des différentes démarches. Ca risque d’être savoureux à lire… Après les Lavigueur déménagent… ce sera le couple québéco-africain déménage !!!

A Suivre…

dimanche 7 octobre 2007

Mozusse que ça me manque !


C’est drôle comme il y a des choses auxquelles on s’habitue et qu’on va jusqu’à prendre pour acquises… jusqu’au jour où on n’y a plus accès!

Me semble que je me taperais une grosse poutine pis un bon coke diet ! Hmmm… Ou encore, du poulet de chez PFK avec leurs frites molles … pis la sauce brune… T’sé celle que tu mets au frigo et que le lendemain, tu la retrouves « solide »! Et que dire de la salade de choux du PFK !!!! Re-Hmmmm!!!!

Ou bedon un bon big mac… ou deux tant qu’à y’être ! Et encore mieux (ou pire… c’est selon), une soirée dans un buffet à vo-lon-té !!!

Là, vous allez me dire… bien voyons, tu vis en Afrique, tu dois avoir accès à de la bouffe exotique à profusion. Des fruits de tous genres et ainsi de suite!!! Et bien non !!! Il s’avère que contrairement à ce que je croyais, ce n’est pas du tout le cas.

C’est vous autres, de l’autre côté qui recevez toutes ces bonnes choses. T’sé les mangues toutes juteuses et les ananas touts sucrés qui vous dégoûte jusqu’au bout des coudes quand on les déguste…

La réalité c’est que la majorité du temps, les pays du tiers monde qu’on qualifie de « pays en développement » sont, en fin de compte, le « potager » du reste du monde. On y fait pousser les meilleurs fruits dans de grandes fermes de culture. Ensuite, toutes ces denrées partent pour être transportées dans les pays occidentaux… chez les blancs comme on dit ici.

Bien entendu, on a des manguiers sur place qui donnent des fruits quelconques… souvent sans saveur et que les enfants mangent en route pour l’école… à défaut d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent à la maison. Il y a aussi les petits fruits qu’on appelle les bagbadines. Ce sont aussi des fruits que les enfants mangent en route pour l’école…

J’ai la chance d’avoir la maman de mon mari qui a une plantation. Cette dernière nous envoi de temps en temps des bananes, des ananas, des tubercules, des avocats et des pamplemousses. C’est à peu près la seule façon d’avoir accès à ce genre de bouffe et là encore, c’est pas souvent. Il faut tout faire transporter par bateau et souvent le temps que ça prend à sortir de la brousse pour se rendre jusqu’ici, fait en sorte que les produits sont déjà sur le point d’avoir trop mûri.

Et là, j’ai parlé de la bouffe. Mais il y a tout un tas de trucs qui ne sont tout simplement pas accessibles en Afrique. Le cinéma, le théâtre, les salles de spectacles, les restos. Dans une ville comme celle où je suis installée, on compte deux bons restaurants français et quelques bonnes adresses locales. Vous me demanderez pourquoi on trouve des restos français. Et bien c’est parce que la ville existe en raison du pétrole.

Qui dit pétrole, dit exploitant étranger. Pas de danger que ce soit le pays qui gère sa propre richesse naturelle. Ne-non! Ce droit est réservé au pays colonisateur… mais ça, ça ne se dit pas ouvertement… rectitude politique oblige!!! Toujours est-il que dans un resto français, ne mangent que des français. Faut voir la tête des gens quand je rentre là avec mon mari. Toutes les têtes se retournent à tout coup !!! Un homme noir dans un resto français… assez rare! Maintenant, les gens nous connaissent et le personnel ne fait plus attention à nous… Mais c’est toujours rigolo de voir la tête des gens qui nous voient pour la première fois… En revanche, il n’est pas inhabituel de voir une fille « locale » aux bras d’un français qui amène la demoiselle prendre un bonne bouffe… le reste de la soirée… on l’imagine !!!

Coudonc, de quoi je parlais moi là au début ??? Ah oui, les choses qui me manquent !!! S’cusez moi, je me suis un peu écartée du sujet momentanément. Mais c’est pour mieux y revenir !!!

Je disais donc qu’il y a des choses qui me manquent. Mais en y pensant bien et en faisant le tour, je me rends compte que ce qui me manque le plus ces derniers temps, c’est de me retrouver avec des amis autour d’une table à jaser et refaire le monde.

T’sé le genre de soirée durant laquelle vous savez que vous vous êtes installés à table vers 20h et tout d’un coup, vous faites le saut parce que vous venez de vous rendre compte qu’il est 2 heures du matin… Ca a donc bien passé vite !!!

Ouain… c’est ça qui me manque le plus j’pense… le contact chaleureux d’une soirée passée avec du monde cool. Ni plus… Ni moins !!!

Mozusse que ça me manque !!!

PS: La photo ci-haut, c'est une petite bouffe qu'on s'est faite pour notre troisième anniversaire de vie de couple. Oui, oui, vous avez bien vu... des fromages, du vin et du caviar !!! Je vous laisse essayer de deviner la galère pour trouver tout ça !!! J'vous l'dit... y'a vraiment des choses qu'on prend pour acquis... tant qu'on y a facilement accés !!!



samedi 29 septembre 2007

Au revoir Papa !

Aujourd’hui, je réfléchis à l’événement de la mort de mon père survenue le 11 mai 2007.

Nous nous étions parlé au téléphone. Je crois que c’était en mars. Il m’appelait de temps à autres pour prendre des nouvelles, me poser quelques questions sur ma vie ici au Gabon. Il parlait de son voyage prochain en Gaspésie. Il semblait serein.

Le jour de sa mort, je sais qu’il était en paix car il m’a écrit un courriel (qu’il n’a pas envoyé) ou il me disait qu’il allait bien et que son médecin était content de sa situation médicale. C’est comme ça qu’il est parti : en paix…!

Personne ne saura jamais comment il a vécu ses derniers instants de vie mais pour moi, il est parti en paix! Il n’aurait pas voulu «traîner » d’une longue maladie… ça non! En fait, c’est ce qu’il craignait le plus au monde… être malade et se voir mourir. Comme ce fut le cas pour sa sœur Ginette (décédée un an auparavant d’un long et virulent cancer). Et la vie a bien fait les choses en l’emportant tout d’un coup… comme ça !

C’est vrai qu’il me manque beaucoup. Cependant le fait de vivre en Afrique faisait en sorte qu’on ne se verrait plus vraiment. Sauf lors d’occasionnelles et rares visites. Il était donc inévitable que la nouvelle de sa mort nous arrive de cette façon. Sans qu’on ait pu se voir avant son départ… se dire au revoir. J’avais planifié un voyage en octobre. J’avais hâte de le revoir. C’est d’ailleurs à peu près tout ce qui m’encourageait à y aller seule.

Cela dit et sincèrement, je n’ai pas de regrets en ce qui concerne ma relation avec lui. Je pense qu’il était fier de moi à sa façon. Il était content de me voir faire ce que je voulais faire de ma vie. Et moi, je voulais qu’il soit fier de moi, sa fille!

Lorsque j’ai écrit son hommage que j’ai lu le jour des funérailles, j’ai parlé de la liberté qu’il tentait de vivre à travers ses mille et un projets. Il était marginal (en marge). Je ne sais pas s’il était heureux… parfois j’en doute. Ce qui est certain, c’est qu’il cherchait constamment quelque chose. Une phrase me revient spontanément; c’est qu’il a « perdu sa vie à la gagner ». En tout cas, il aura passé une bonne partie de sa vie, si ce n’est sa vie entière, è chercher, à inventer, à découvrir! D’une certaine façon, je marche dans ses traces. Moi aussi, je cherche, j’invente et je découvre. Au fond, à bien y penser, c’est ça vivre. C’est le contraire d’exister. Et c’est ça que mon père voulait… vivre !!!

Aujourd’hui, à l’aube de la quarantaine, je réfléchis à la suite et au reste de ma vie. Comme mon père, je veux vivre. Je veux profiter au maximum des années à venir. J’exprimais tout récemment à Ibrahim, mon mari, le fait que je souhaitais que dans quelques années, nous puissions prendre un tournant où nous pourrons profiter de ce que nous aurons construit. C'est-à-dire vivre en profitant des revenus de notre travail. Concrètement, les revenus des logements que nous aurons mis sur pied. Le tout nous permettra de faire quelques voyages et surtout goûter à la vie.

Comme mon père mais aussi à la différence de mon père, tout ce que je souhaite, c’est la santé, l’amour et le bonheur. Pour moi, le bonheur c’est avoir la sensation que ceux qu’on aime sont bien et être bien à côté d’eux. Le bonheur, ce n’est pas un état permanent… qu’on atteint une fois pour toute. Non, le bonheur, c’est passager, voir éphémère. C’est regarder en avant et pouvoir décider de ce qu’on fera demain et après demain. C’est la liberté de choisir sa vie.

Papa, aujourd’hui, je te dis au revoir mais je te dis aussi que je ferai tout pour poursuivre ce que toi, tu cherchais… la liberté de choisir et le bonheur. Je ferai en sorte de vivre au maximum et avec un minimum de tracasseries de toutes sortes. Je vais tout faire pour que, d’où tu te trouves, tu puisses être fier de moi.

Si tu le peux, guides moi au fil du chemin qu’il me reste à parcourir. J’ai l’impression que tu t’es « infiltré » dans la personne de mon mari… j’ai souvent l’impression de te reconnaître en lui. Si c’est le cas… c’est bien.

Au revoir Papa… Je t’aime !!!

Mimi !

vendredi 28 septembre 2007

Les Africains se ressemblent tous ...

Il faut bien l’avouer, et moi la première,… on a toujours l’impression que tous les Africains se ressemblent... De surcroît, quand on vit au Québec et qu’on croise une personne noire, on se dit automatiquement que c’est un « Africain ».

S’il se trouve que l’on est un peu plus au courant de la réalité culturelle, on se pose éventuellement la question de savoir s’il s’agit d’un Haïtien ou d’un Africain. En tout cas, dans mon cas, c’était exactement ça...

Et tant qu’on n'est pas sorti du Québec, tout en fréquentant les personnes noires de près ou de loin… on apprend à faire la différence entre Haïtiens et Africains… Et c’est déjà très positif comme démarche de différenciation culturelle.

Puis, quand on a la chance de poser pied en Afrique, on constate très rapidement que les Africains sont très différents entre eux. Vous ne vous imaginez même pas à quel point d’ailleurs.

Le continent africain compte une cinquantaine de pays. Voilà de quoi établir une distinction initiale entre les nationalités africaines. Sans compter les multiples ethnies de chacun de ces pays…mais là, je vais trop loin et trop vite… Restons-en aux différences entre les pays… mettons que ça nous suffira pour le moment… croyez-moi...

Mais avant de parler des pays, j’ajouterai que l’Afrique est également divisée en sous-régions. Brièvement, on parle du nord, du centre et du sud de l’Afrique. Au nord, on retrouve les Africains magrébains (majoritairement blancs)… quoi, ça vous surprend d’apprendre que bon nombre d’Africains sont blancs ??? Et bien, c’est la réalité... La Tunisie, le Maroc, l’Algérie… pour ne nommer que ceux là sont majoritairement peuplés de blancs. Puis, il y a le reste de l’Afrique, soit du centre jusqu’au sud en passant par l’Afrique de l’ouest et de l’est, qui est majoritairement noire.

Chaque pays possède une culture bien distincte. Ce qui fait qu’on peut dire, par exemple, qu’il y a autant de différences entre un Sénégalais et un Gabonais qu’entre un Québécois et un Chinois. Je blague bien entendu mais la comparaison n’est pas fausse du tout...

La langue, la cuisine, les coutumes, les rituels… bref tout distingue un Africain d’un pays à un autre.

Au fil de mes textes, je vous ferai parcourir ces fameuses différences entre les Africains telles que je les côtoie et tel que je les observe. Je vis dans un pays où il y a un très grand mélange de nationalités et ce, principalement parce que la réalité fait en sorte que les gens n’ont souvent pas le choix de s’expatrier dans l’espoir de trouver du travail… souvent et malheureusement loin de leur pays natal et de leurs proches.

Ce qui fait que les différences, je les côtoie au jour le jour. Souvent même, avant d’aborder quelqu’un, je prends le temps de me demander si j’ai devant moi un Ivoirien, un Tchadien ou un Sénégalais… mettons que la façon d’aborder chacun diffère selon la nationalité… avec toutes les petites subtilités que cela suppose...


En tout cas, pour ma part, je ne pourrai plus jamais dire que les Africains se ressemblent tous...

vendredi 21 septembre 2007

Mise en route de ce "fameux blog"

Je me trouve actuellement à l’autre bout du monde… en Afrique ! J’y vis depuis deux ans. J’ai même construit une maison pour m’y installer! … Là, j’entends toute sorte de questions… du style « De que’cé que tu fais là- bas? » ou « T’es pas un peu folle… l’Afrique… Ayoye!!! »

Et bien oui, l’Afrique !!! Pourquoi ? Hmmmmm bonne question !

Bien d’abord, je dirai que j’en avais toujours rêvé… depuis toute petite!!! Fallait me voir « scotchée » à la télé quand il passait un documentaire ou toute autre émission sur l’Afrique !!! Puis, comme beaucoup de petites filles, j’ai rêvé de devenir infirmière. Moi, c’était, bien entendu, pour aller soigner les « petits enfants pauvres en Afrique ».

Puis, plusieurs années plus tard, alors que je menais paisiblement une petite vie tranquille… voire même, peut-être un peu trop tranquille…, le destin a fait en sorte que ma vie prenne une tournure complètement différente!

C’est une longue histoire à raconter mais pour être brève, je dirais que j’étais confortablement assise dans mon fauteuil, dans un beau petit condo que je venais à peine d’aménager… par un beau soir d’août 2004 quand mon portable a sonné… et là, c’est le cas de le dire… ce fut LE coup de fil qui a changé ma vie pour de bon… En effet, la personne qui était au bout du fil était bien loin de se douter qu’elle allait contribuer à faire en sorte que ma vie prenne une tournure à 180 degrés.

En fait, le gars qui m’a téléphoné le faisait simplement pour prendre de mes nouvelles… Vers la fin de la conversation, il me dit qu’il veut que je fasse la connaissance d’un de ses amis. Je commence d’abord par refuser… ça ne me tentait pas du tout…pour tout vous dire !!! J’avais la paix et je voulais la garder !!!

Bref, à force d’insister, j’ai fini par parler au gars en question… Et c’est avec et grâce à cette rencontre… to-ta-le-ment inattendue que je me suis retrouvée ici en Afrique !!!

Là encore, j’entends le genre de petits commentaires qui tout naturellement viennent à l’esprit des gens… bien entendu sans connaître le moindre détail de l’histoire… « Pauvre fille… s’est fait embarquée par un immigrant africain »… Et bien, dans mon cas, je pourrais dire le contraire… c’est moi qui ai « embarqué l’immigrant africain» pour ainsi dire.

Hey… j’allais tout de même pas rater une occasion pareille… aller vivre en Afrique… de surcroît avec un « gars de la place »… Qu’est ce qu’une fille, assoiffée de vie nouvelle et d’aventure… peut espérer de mieux ???

Bien oui, c’est vrai… je suis tombée folle amoureuse du bel africain en question!!! Pis… ne-non, les détails croustillants de la rencontre… c’est pour moi !!! Bon ok, je vous en dévoilerai des petits bouts en cours de route… au fil du temps… ça vous va comme ça ??? *sourire *

Et c’est comme ça que le 10 avril 2005, je m’envolais… direction l’Afrique… pour la toute première fois de ma vie.

Là, vous me direz… « Hey… wo minute… t’as pas oublié quelques détails entre le mois d’août 2004 pis le mois d’avril 2005 ??? ». Et vous aurez raison !!! Il y a eu toute une série d’événements qui m’ont amené à quitter le Québec.

Mais pour le moment, j’ai davantage envie de vous raconter des trucs qui se passent ici… dans le feu de l’action… au quotidien. J’ai, en effet, tout plein de petites anecdotes… souvent drôles et cocasses mais parfois difficiles, voire tragiques à l’occasion.

Alors c’est parti ! Ah oui, j’oubliais… je vais également essayer d’inclure quelques photos en cours de route…histoire de pouvoir mettre des images sur mes écrits !!!

Bonne lecture !!!